Population et emploi
Population
Source : INSEE
La Marne fait du surplace. Ce graphique illustre un peu la parabole du verre à moitié vide ou du verre à moitié plein. Verre à moitié vide : la population marnaise n’a pas progressé entre le recensement de 1999 et celui de 2006, ou alors de manière infinitésimale. Une stagnation d’autant plus problématique qu’elle s’inscrit sur fond de dynamisme démographique à l’échelle de la France. Une population qui stagne, c’est a priori une population qui vieillit. Verre à moitié plein : la Marne fait moins pire que la Champagne-Ardenne. La région, on le sait, perd des habitants. Le département, au moins, a le mérite de lutter contre ce déclin dans un contexte sinistré. On se console comme on peut.
Taux de chômage trimestriel
Source : INSEE
2e trimestre 2008, la cassure. La courbe du chômage a commencé à s’inverser au 2e trimestre 2008, aussi bien dans la Marne qu’en Champagne-Ardenne et dans le reste de la France. A une période de décroissance continue et régulière a succédé une période symétriquement inverse. Toutefois, la Marne continue à mieux s’en tirer que le reste de la France et creuse même encore l’écart avec la Champagne-Ardenne prise dans son ensemble (1 point de différence au 1er trimestre 2008 contre 1,3 point au 2e trimestre 2009). Il est d’ailleurs intéressant de noter que cet écart, favorable à la Marne, augmente au fur et à mesure que le chômage progresse, signe que le département résiste mieux sur le front de l’emploi.
Taux de chômage en fin d’année
Source : INSEE
La Marne moins touchée. On a déjà eu l’occasion de le souligner dans les précédents baromètres, mais pourquoi se priver de le répéter car c’est plutôt une bonne nouvelle fondée sur une réalité objective : le taux de chômage est systématiquement plus faible dans la Marne qu’en France et dans la région. L’année 2008 n’échappe pas à la règle, malgré l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi enregistrée à partir du 2e trimestre. Sur notre graphique qui démarre en 1998, le taux de chômage n’a même jamais été aussi peu élevé. Ceci explique aussi peut-être pourquoi la crise a été si durement ressentie, dans la mesure où un point bas avait été atteint.
L’emploi salarié total et la part de l’emploi industriel
Source : URSSAF
Désindustrialisation confirmée. Les années se suivent et se ressemblent : la part de l’industrie dans l’emploi salarié se réduit comme peau de chagrin. On observe la même tendance dans la Marne que dans le reste de la France, à ceci près que l’emploi industriel dans le département conserve une place toujours plus importante que dans l’Hexagone. Mais ce phénomène d’érosion paraît inexorable. Il a été cependant quelque peu contenu en 2008, avec seulement -0,2 % par rapport à l’année précédente, ce qui est le moins mauvais score depuis 1998. Idem dans l’ensemble du pays, sauf que la perte est de 0,4 point, soit le double de la Marne. Un autre indicateur mériterait que l’on s’y penche sérieusement : alors que l’emploi salarié décolle en France, il stagne dans le département.
Assurance maladie : population protégée globale
Source : CPAM
Le fossé se creuse. En nombre d’assujettis au régime général de la Sécurité sociale (hors régimes spéciaux comme ceux des militaires ou des agriculteurs), la Marne stagne, voire régresse depuis 2005. La France, au contraire, voit leur nombre augmenter. Sur une base 100 en 1994, la différence est de 12 points en 2008 (104 dans la Marne, 116 en France). Qu’en conclure ? Que ce paramètre statistique semble être le reflet de la démographie, en hausse dans le pays, en baisse en Champagne-Ardenne.
Retraite : bénéficiaires du régime général
Source : CRAM
Pas assez de retraités ? Ce n’est pas un scoop : il y a de plus en plus de personnes retraitées dans la Marne. Près d’un tiers de plus qu’en 1995, année de référence de notre graphique. Sauf que, si l’on appliquait le coefficient multiplicateur qui vaut pour la France, leur nombre aurait dû augmenter des trois quarts. Selon notre simulation basée sur la moyenne nationale, ils devraient être 122 623 au lieu de 92 182. Question, donc : où sont passés les retraités ? A moins d’imaginer un taux de mortalité précoce particulièrement élevé dans le département, envisageons une autre hypothèse, plus optimiste pour les individus sinon pour la Champagne-Ardenne : l’exode d’un certain nombre de retraités vers d’autres régions aux cieux peut-être plus bleus.